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Le
code de conduite modèle
proposé par la Clean Clothes Campaign, réseau
international du Collectif
Le code de conduite
proposé par le collectif Ethique sur l'étiquette
a pour but de contribuer à l'amélioration des conditions
sociales de fabrication des produits, qu'ils soient fabriqués en
France ou importés. Il s'agit d'un document dans lequel l'entreprise
s'engage à oeuvrer à travers des mesures concrètes
pour le respect des Droits humains tout au long de sa chaîne d'approvisionnement.
Cet outil est complémentaire d'autres initiatives visant à
promouvoir le progrès social dans le monde : introduction de clauses
sociales non protectionnistes dans les accords réglementant le
commerce international, réformes des politiques suivies par le
Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale... Il
fait référence aux principales conventions élaborées
par l'Organisation internationale du travail (OIT) qui définissent
les normes sociales minimales qui doivent encadrer tous les travailleurs.
Code de
conduite modèle
(extraits)
Introduction
Le code fournit un énoncé
concis de normes minimales du travail ainsi qu'un engagement de l'entreprise
à respecter ces normes et à exiger de ses contractants, sous-traitants,
fournisseurs et concessionnaires de les observer également. Le code est
concis afin de pouvoir l'afficher dans les lieux de travail et afin d'éviter
toute confusion entre les principes fondamentaux et l'application des principes.
Une institution indépendante, établie pour assurer un contrôle
indépendant du respect du code et pour aider les entreprises à
l'appliquer, fournira une liste vérifiable de contrôle de pratiques
et de conditions qui soient en accord avec les normes fixées dans le
code. Cette organisation indépendante sera également un moyen
grâce auquel les questions relatives à la signification du code
pourront être résolues. Le préambule établit trois
principes :
- premièrement,
l'entreprise accepte la responsabilité pour les travailleurs, y compris
ceux ayant passé un contrat ou un accord de sous-traitance avec elle.
- deuxièmement,
l'entreprise s'engage à observer les normes fondamentales du travail
de l'OIT et à assurer que les travailleurs et travailleuses reçoivent
une rémunération honorable et jouissent de conditions de travail
décentes.
- troisièmement,
l'entreprise s'engage à faire du respect du code une condition de tout
accord qu'elle passe avec des contractants et des fournisseurs et à
demander à ces derniers d'étendre cette obligation à
leurs propres sous-traitants.
Le code se fonde sur les
mêmes conventions fondamentales de l'OIT, notamment les interdictions
concernant le travail des enfants, le travail forcé ou en esclavage,
la discrimination, la liberté d'association et le droit de négociation
collective. Viennent ensuite les conditions fondamentales de travail - salaires,
heures et conditions de travail (y comprises santé et sécurité)
- et leur formulation dans le code, qui découlent également des
normes de l'OIT. (...)
Le code établit uniquement des normes minimales qui ne doivent pas être
utilisées comme un plafond ou décourager la négociation
collective. Le texte du code, qui sera affiché là où les
travailleurs peuvent le voir doit également inclure un moyen par lequel
les travailleurs peuvent rendre compte, de manière confidentielle, du
non-respect du code.
Dispositions
Libre choix de l'emploi.
Le travail forcé ou en esclavage (conventions 29
et 105)
est interdit. Les travailleurs ne seront pas tenus de laisser une caution en
liquide ou leurs papiers d'identité chez leur employeur.
Pas de discrimination dans l'emploi. Il convient de respecter l'égalité
des chances et de traitement quels que soient la race, la couleur, le sexe,
la religion, l'opinion politique, la nationalité, l'origine sociale ou
toute autre caractéristique distinctive du travailleur (conventions 100
et 111).
Interdiction du travail des enfants Le travail des enfants est interdit. Seuls
les travailleurs âgés de plus de 15 ans ou qui ont passé
l'âge de la scolarité obligatoire peuvent être engagés
(convention 138).
Respect de la liberté d'association et du droit à la négociation
collective. Le droit des travailleurs de créer des syndicats, de se syndiquer
et de négocier collectivement, est reconnu (conventions 87
et 98).
Les représentants des travailleurs ne feront pas l'objet de discrimination
et auront accès à tous les lieux de travail lorsque leur accès
à ces lieux est nécessaire pour leur permettre de remplir leur
fonction de représentation. (convention 135
et recommandation 143).
Les employeurs seront tenus d'adopter une approche positive vis-à-vis
des activités des syndicats et une attitude ouverte vis-à-vis
de leurs activités d'organisation.
Versement de salaires de subsistance. Les salaires et les allocations versés
doivent être conformes aux normes minimales légales ou aux normes
minimales dans l'industrie et doivent permettre de faire face aux besoins fondamentaux
et fournir des revenus discrétionnaires. Les retenues sur les salaires
dans le cadre de mesures disciplinaires sont interdites, de même que toute
retenue salariale échappant aux conditions et limites prescrites par
la législation nationale et entreprise sans consentement préalable
du travailleur concerné. Une information écrite et facilement
compréhensible sera fournie à tous les travailleurs sur les conditions
de salaire qui leur sont applicables, et cela avant qu'ils ne soient affectés
à un emploi, ainsi que sur les éléments constituant leur
salaire pour la période de paie considérée, chaque fois
qu'ils seront payés.
Heures de travail raisonnables Le nombre d'heures de travail doit être
conforme à la législation et aux normes en vigueur dans l'industrie.
Les travailleurs ne peuvent être appelés à travailler régulièrement
plus de 48 heures par semaine et auront droit à un jour de congé
tous les sept jours au moins. Les heures supplémentaires seront accomplies
de manière volontaire, n'excéderont pas 12 heures par semaine,
ne seront pas exigées régulièrement et seront toujours
compensées par des bonus.
Conditions de travail décentes. Les travailleurs disposent d'un environnement
de travail sûr et sain, et les meilleures pratiques professionnelles en
matière de santé et de sécurité sont appliquées,
compte tenu de l'état des connaissances dans l'industrie et de tout danger
spécifique. Sont strictement interdits tout abus physique, toute menace
d'abus physique, toute pratique punitive ou disciplinaire d'exception, tout
harcèlement, sexuel ou autre, ainsi que tout acte d'intimidation de la
part de l'employeur.
Établissement d'une relation de travail. Les obligations naissant envers
les employés du fait de la relation de travail régulière
ne doivent pas être éludées par le recours exclusif à
des accords de sous-traitance ou des systèmes d'apprentissage dans le
cadre desquels l'employeur n'a nullement l'intention de doter l'apprenti des
compétences nécessaires ou de lui fournir un emploi régulier.
Les travailleurs plus jeunes doivent avoir la possibilité de participer
à des programmes d'éducation et de formation.

Mise en oeuvre
La mise en oeuvre se réfère
à toute la série d'activités qui peuvent être entreprises
par une société pour mettre en application le code de conduite.
Dans le passé, certaines entreprises ont adopté des codes en tant
que réponse de relations publiques face à des rapports d'exploitation
mais ces codes n'ont pas été appliqués. On attend des entreprises
qui adopte le code de conduite pour le commerce et l'industrie de la confection
et des vêtements de sport qu'elles conviennent de certaines conditions
minimales de mise en oeuvre du code. L'un des principaux moyens par lesquels
un code peut être mis en oeuvre est qu'il devienne une partie applicable
et appliquée des accords avec les contractants, sous-traitants, fournisseurs
et concessionnaires. Il y a souvent confusion entre mise en oeuvre et contrôle.
Le contrôle, qui signifie regarder ou vérifier que les termes du
code sont respectés est un aspect de la mise en oeuvre d'un code. On
attend des entreprises qui adoptent le code qu'elles contrôlent dans leur
relation avec leurs contractants, sous-traitants, fournisseurs et concessionnaires,
leur respect du code. On attend également des entreprises qui adoptent
le code qu'elles coopèrent et soutiennent un système de contrôle
indépendant de respect du code. Cette section concerne les obligations
générales de l'entreprise en ce qui concerne la mise en oeuvre
du code.
(...)
Garantir aux consommateurs le respect des droits sociaux fondamentaux des travailleurs:
En adoptant le code de conduite,
les entreprises reconnaissent le droit à l'information des consommateurs
sur les conditions sociales de fabrication des vêtements qu'ils achètent
et offrent les garanties qu'ils attendent. Le code de conduite est donc un outil
au service des consommateurs qui désirent acheter "en citoyens".
Il leur permettra de privilégier les entreprises qui auront fait le choix
de la transparence et du progrès social. L'entreprise s'engage notamment
à élaborer des procédures et des rapports détaillés
basés sur des contrôles réguliers auprès de ses fournisseurs.
Participer à un système
indépendant et paritaire de contrôle:
Aux côtés notamment
de représentants associatifs (associations de consommateurs, organisations
de solidarité internationale...), de syndicats... Cet organisme vérifiera
les procédures de contrôle mises en place par l'entreprise, pourra
consulter les rapports rédigés dans ce cadre et travailler par
sondage en menant à l'improviste des enquêtes sur les lieux de
production. Il instruira également les plaintes qui lui parviendront.
L'entreprise fournira toutes les Informations nécessaires au contrôle
et participera à son financement. Ce contrôle sera effectué
en partenariat avec des syndicats et des associations locales. Il complète
l'action d'organismes officiels (Inspection du travail, Bureau international
du travail...).

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