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Les exigences du Collectif vis-à-vis des entreprises
Concrètement,
nous proposons aux entreprises d'agir de la manière suivante :
La pression exercée par le collectif De l'éthique sur l'étiquette depuis sa création en 1995 et par les nombreux mouvements qui, à travers le monde, agissent en faveur d'un meilleur respect des droits de l'homme au travail, a poussé la plupart des enseignes de la grande distribution et les marques que nous avons évaluées à réagir. Certaines ont effectué des contrôles des conditions de travail sur certains sites jugés à risque. Il s'agit d'une première victoire car elles n'ont aucune obligation légale de s'assurer que leurs sous-traitants et fournisseurs leur vendent des produits de bonne qualité sociale. Cependant, la façon
dont les enseignes françaises assument cette responsabilité est
globalement insatisfaisante, y compris lorsqu'on la compare avec celle de
grandes marques de sport, qui n'ont pourtant pas la réputation d'être
des philanthropes ! Les grands distributeurs français gagneraient en
crédibilité et en efficacité s'ils abandonnaient la logique
paternaliste actuelle pour un véritable dialogue social avec toutes les
parties concernées, syndicats et ONG compris, dans les zones de production
et en France. Après l'audit, certaines enseignes commencent à demander au fournisseur concerné de mettre en place des actions correctives pour faire progresser les conditions de travail. C'est une évolution positive. Pourtant, là encore, le personnel n'a généralement pas droit à la parole, alors qu'il est le premier intéressé : aucune négociation entre l'employeur et les représentants des salariés, ni même de consultation ! Les enseignes françaises, hormis, dans une certaine mesure, Carrefour, sont très en retard dans le domaine du dialogue en matière de qualité sociale de leurs produits. C'est notamment le cas par rapport à Nike, Reebok et Adidas, les 3 premières marques mondiales d'articles de sport. Ces trois entreprises ont établi des collaborations avec des ONG et, parfois, des syndicats. Cela reste encore très modeste, mais constitue une évolution intéressante. Là où l'ensemble des entreprises, enseignes comme marques, doivent progresser, c'est sur l'étendue de leur prise de responsabilité en matière de qualité sociale. Si certaines imposent à leurs sous-traitants et fournisseurs de respecter les droits qui figurent dans leur code, aucune, à notre connaissance ne modifie ses propres pratiques d'achat vis-à-vis de ces derniers. C'est pourtant ce que demande le Collectif. Sinon, on voit mal comment sous-traitants et fournisseurs pourront réellement améliorer les conditions de travail lorsque leurs clients exigent la livraison de leurs commandes dans des délais toujours plus courts et à des prix toujours plus bas ! Enfin, il faut améliorer la reconnaissance du droit à l'information des consommateurs sur la qualité sociale de leurs achats par les enseignes françaises. Pour cela, nous leur demandons plus de transparence. Cela passe en particulier, par la création d'un système indépendant de vérification du respect de codes de qualité, reprenant les dispositions principales du code modèle proposé par le Collectif. Des initiatives prometteuses commencent à se développer telles la Fair Wear Fundation aux Pays-Bas ou Fair Labour Association (FLA) aux Etats-Unis. Nike, Reebok et Adidas ont décidé d'adhérer à FLA. En revanche, aucune enseigne française n'a manifesté une réelle volonté d'accepter une vérification par un organisme multipartite C'est sur l'ensemble de ces insuffisances que nous attendons des progrès de la part de la grande distribution et des marques. |