Collectif Ethique sur l’étiquette
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Délégation bangladaise - Portraits



SHILA BEGUM – rescapée de l’effondrement du Rana Plaza

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Shila était parmi les milliers de travailleurs et de travailleuses textile qui ont été piégé-e-s dans le bâtiment du Rana Plaza suite à son effondrement le 24 avril 2013. Elle est aujourd’hui en Europe, son premier voyage en-dehors du Bangladesh, afin de raconter son histoire et de demander aux marques de contribuer au fonds d’indemnisation des victimes du Rana Plaza, pour que les survivant-e-s puissent commencer à reconstruire leur vie.

Shila a déménagé à Dhaka avec sa fille après la mort de son mari. Shila était obligée d’assurer le revenu de sa famille toute seule : elle a donc du chercher un emploi. Shila a travaillé dans l’une des usines du Rana Plaza pendant deux ans. Au début elle était assistante, coupant des milliers de vêtements, de ourlets, le poches, de ceintures. Puis elle est devenue opératrice couturière, encadrant deux assistantes. Ses journées étaient longues, elle travaillait généralement dix heures par jour et n’avait droit qu’à un jour de repos par semaine.

Shila est restée piégée dans les décombres toute la journée. Comme d’autres autour d’elle, elle a appelé à l’aide. Vers 17h, les secours sont enfin arrivés. Suite à l’accident, elle a du subir une hystérectomie. Son bras la fait encore terriblement souffrir et l’empêche de travailler.

Pourquoi la question de l’indemnisation compte pour Shila.

« Je dois suivre un traitement médical et j’ai des rêves pour mon enfant, donc il faut que je gagne de l’argent. Les frais de scolarité ne sont pas très élevés, mais il faut acheter toutes les fournitures, comme les chaussures, les livres, l’uniforme, l’inscription aux examens… Ma fille est intelligente mais je n’ai aucun moyen de trouver l’argent pour payer tout ça… »

SAFIA PARVIN – Secrétaire Générale du NGWF, syndicat bangladais

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Safia est Secrétaire Générale du NGWF (Fédération nationale des travailleurs et travailleuses du textile). Elle a été impliquée dans le suivi de l’indemnisation pour les survivant-e-s et les familles des victimes d’accidents dans l’industrie du textile depuis plusieurs années. Elle a en particulier travaillé sur les cas d’incendies de l’usine Spectrum (2005), et de Tazreen (2012), et suit aujourd’hui l’indemnisation des victimes de l’effondrement du Rana Plaza.

Le NGWF défend les droits des travailleurs et des travailleuses textile au Bangladesh depuis 1984. Basé à Dhaka, la capitale du pays, cette fédération syndicale a 7 antennes régionales, et compte quelques 27 000 membres. Il s’agit de la plus grande fédération syndicale du secteur textile au Bangladesh. Les travailleuses sont en première ligne au sein du mouvement (elles sont 18 femmes sur 30 membres du Comité exécutif).

Le NGWF a pour objectif de renforcer le mouvement syndical au Bangladesh en mettant en place des syndicats qui dénoncent les violations des droits à l’aide de campagnes ciblées qui font pression sur le gouvernement, les propriétaires d’usines, et les entreprises multinationales pour améliorer la législation et son application.

Enfin, le NGWF propose une aide juridique et des formations pour les ouvriers et les ouvrières autour de la question des droits dans le cadre du travail, en mettant un accent particulier sur le leadership des femmes.

Suite à l’effondrement du Rana Plaza, le NGWF met tout en oeuvre pour soutenir les familles des victimes, notamment les enfants orphelins et les survivant-e-s. Maintenant que le processus d’indemnisation a débuté, le NGWF apporte un soutien direct à toutes celles et tous ceux qui en ont besoin pour que les victimes puissent réclamer correctement leur dû.