Collectif Ethique sur l’étiquette
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La situation au Cambodge



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L’industrie du textile au Cambodge emploie entre 350.000 et 450.000 personnes, dont une majorité de femmes. Le salaire minimum actuel, de 61 dollars par mois, ne permet pas aux travailleurs de subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Excès de travail, évanouissements de masse
Face à un salaire aussi faible, les heures supplémentaires se multiplient. L’excès de travail et des revenus insuffisants pour bien se nourrir, entraînent chez les ouvrier(e)s de nombreux problèmes de santé à l’origine d’évanouissements de masse qui se produisent régulièrement dans les usines cambodgiennes.

Violations de droits malgré une représentation syndicale importante
Au Cambodge, environ 60% des ouvrier(e)s de la confection sont syndiqué(e)s, une représentation syndicale largement supérieure à celle des autres industries du pays. Pourtant, aucun syndicat n’a pu obtenir de convention collective permettant d’augmenter le salaire au-dessus du salaire minimum légal.

Des nombreuses violations de droits ont été dénoncées par les syndicats cambodgiens : salaires faibles, temps de travail excessif, heures supplémentaires non payées, et - entre autres - un recours généralisé aux contrats de courte durée, pratique qui représente un obstacle pour les négociations collectives.

Une grève sans précédents
En septembre 2010, 200 000 travailleurs, soit la moitié de la force de travail de l’industrie textile au Cambodge, ont mené une grève nationale de grande ampleur pour revendiquer un salaire vital. Suite à cette mobilisation, des centaines de grévistes ont été licenciés et plusieurs cas de violences, d’intimidations et de poursuites judiciaires à l’encontre d’activistes syndicaux ont été signalés.

En janvier 2011, la Clean Clothes Campain CCC, Peuples Solidaires et le Collectif Éthique sur l’étiquette ont lancé un Appel Urgent pour exiger la réintégration immédiate et inconditionnelle des travailleurs licenciés, ainsi que l’ouverture des négociations avec les syndicats. Quatre enseignes se fournissant massivement au Cambodge étaient concernées : H&M, Inditex (Zara, etc.), Levi’s et GAP.

Suite à l’Appel Urgent de nombreux travailleurs ont été réintégrés, mais d’autres sont toujours sans emploi. Les syndicats cambodgiens continuent à négocier avec le gouvernement et les employeurs, et revendiquent un salaire vital de 131 dollars par mois. De son côté, la CCC suit les engagements des 4 entreprises ciblées, qui pour l’instant restent insuffisants.