Collectif Ethique sur l’étiquette
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Malaisie : 2,3 millions d’euros d’amende

pour avoir défendu les droits des travailleurs migrants

Les faits

En janvier 2011, un groupe de 31 travailleurs birmans de l’entreprise Asahi Kosei, fournisseur d’Hitachi en composants électroniques, revendique le respect de leurs droits et l’amélioration de leurs conditions de travail. Ils protestent notamment contre des déductions salariales injustes et l’absence de congés maladie. En guise de représailles, ils se voient régulièrement confisquer leur passeport par la direction de l’usine. Bien que détenteurs de permis et de contrats de travail valides, deux d’entre eux, Thiha Soe et Aung San, sont emmenés de force à l’aéroport pour être expulsés. Ils parviennent à s’échapper au dernier moment et sont, depuis lors, contraints de vivre cachés.

En février 2011, Charles Hector, avocat et défenseur des droits des travailleurs-euses migrant-e-s de l’industrie de l’habillement et de l’électronique en Malaisie, écrit à Asahi Kosei, informant l’entreprise des accusations formulées par les 31 travailleurs à son encontre, lui donnant ainsi l’occasion de répondre à ces accusations. En l’absence de réponse de l’entreprise, Charles Hector dénonce alors publiquement la situation de ces travailleurs sur son blog http://charleshector.blogspot.com/.

Plainte pour diffamation = entrave à la liberté d’expression

En représailles, Asahi Kosei porte plainte contre Charles Hector, l’accusant de diffamation, et demandant une compensation de 3,3 millions de dollars. Le tribunal a alors enjoint Charles Hector de ne plus communiquer d’informations sur la situation des 31 travailleurs birmans et sur les conditions de travail au sein de l’usine d’Asahi Kosei. Charles Hector risque en outre une amende de 2,3 million d’euros. Plusieurs audiences préliminaires ont déjà eu lieu et le procès devrait se dérouler à la fin du mois de juin 2011.

Il y a actuellement plusieurs millions de travailleurs-euses migrant-e-s en Malaisie. Leur vulnérabilité et la barrière linguistique à laquelle ils-elles font face permettent aux employeurs, et notamment aux agences d’intérim spécialisées dans le recrutement de migrant-e-s, de les exploiter. Les femmes sont plus spécifiquement touchées : Asahi Kosei n’autorise aucun congé maternité. En cas de grossesse, l’obligation de payer une amende d’environ 230 euros est inscrite dans leur contrat. Elles sont également victimes d’insécurité. Les logements dans lesquels elles sont contraintes de vivre n’étant pas sécurisés, elles sont régulièrement confrontées aux menaces des milices envoyées la nuit par la direction d’Asahi Kosei pour mater les velléités de rebellions. Un documentaire réalisé par le réseau GoodElectronics (http://goodelectronics.org/) dénonce les conditions de vie et de travail des travailleurs-euses migrantes de l’électronique en Malaisie. http://vimeo.com/18617196

La solidarité internationale bat son plein

Des dizaines d’organisations de défense des droits des travailleurs-euses et des migrant-e-s à travers le monde ont exprimé leurs inquiétudes au sujet des violations des droits de ces travailleurs birmans et de l’action en justice entamée contre Charles Hector. Plus de 80 organisations soutiennent publiquement Charles Hector (lien vers CP).

Peuples Solidaires, le Collectif Ethique sur l’étiquette, la Clean Clothes Campaign et le réseau GoodElectronics ont également sollicité, avec succès, le soutien des différentes ambassades des Etats membres de l’Union européenne (UE) présentes en Malaisie ainsi que l’investissement de la mission de l’UE pour la protection des droits de l’Homme. Des représentants de l’UE assisteront donc au procès en juin 2011.

Nos organisations ont interpellé les différentes marques d’électronique se fournissant auprès de l’usine Asahi Kosei en Malaisie. Mais jusqu’à présent, toutes refusent d’entrer en dialogue avec les organisations locales de défense des droits des travailleurs-euses migrant-e-s. Hitachi est le premier client d’Asahi Kosei. L’entreprise affirme sur son site internet, reconnaitre et mettre en œuvre des « principes d’équité et de sincérité, dans le plus grand respect des droits humains ». De plus, Hitachi, est membre de la Coalition citoyenne de l’industrie électronique (EICC : http://www.eicc.info/) et doit, à ce titre, respecter le code de conduite de l’EICC, pour dépasser les seules déclarations d’intention.

Demandes adressées à Hitachi :

1. Exiger qu’Asahi Kosei retire immédiatement sa plainte contre Monsieur Charles Hector.

2. Exiger qu’Asahi Kosei assure la réintégration immédiate, le respect des droits et les indemnisations dues aux 31 travailleurs birmans affectés, en particulier Thiha Soe et Aung San.

3. Exiger qu’Asahi Kosei le respect des droits des travailleuses, et notamment le droit aux congés maternités et à la liberté syndicale.

4. Exiger qu’Asahi Kosei s’engage dans un dialogue avec les travailleurs-euses, leurs représentant-e-s et les organisations de défense des droits humains afin de reconnaitre et respecter les droits des travailleurs-euses tout au long de sa filière d’approvisionnement, qu’il s’agisse de travailleurs-euses locaux-ales ou migran-te-s, recruté-e-s directement par Asahi Kosei ou par une agence intermédiaire.

Pour en savoir plus :

Le réseau GoodElectronics vise à améliorer les conditions de travail des ouvriers-ères de l’industrie électronique et à lutter contre la dégradation de l’environnement liée à la fabrication de produits électroniques http://goodelectronics.org/urgent-appeals/hitachi

La Clean Clothes Campaign (CCC) est une alliance d’organisations (syndicats, ONG, associations de consommateurs etc.) présente dans 13 pays européens. Elle vise à améliorer les conditions de travail des ouvriers de l’industrie textile et des articles de sports et à soutenir leurs mobilisations http://www.cleanclothes.org/urgent-actions/electronics-mnc-sues-malaysian-labour-rights-activist

Charles Hector, avocat, est un défenseur des droits des travailleurs-eusesmigrant-e-s de l’industrie de l’habillement et de l’électronique en Malaisie. Il dénonce régulièrement sur son blog les conditions de travail et les mauvais traitements réservés à ces travailleurs-euseshttp://charleshector.blogspot.com/

• Plus de 80 organisations nationales et internationales soutiennent publiquement Charles Hector et ont publié un communiqué de presse en ce sens le 11 février 2011

• Plusieurs millions de travailleurs-euses migrant-e-s travaillent dans l’industrie de l’électronique en Malaisie. Leurs droits sont régulièrement bafoués http://vimeo.com/18617196

• En tant que membre de la Coalition citoyenne de l’industrie électronique (EICC), Hitachi) et doit respecter le code de conduite de l’EICC http://www.eicc.info/

• Un fond de soutien a été crée par les organisations malaisiennes de défense des droits des travailleurs-euses migrant-e-s afin de couvrir les frais de justice liés à la défense de Charles Hector. La Caisse de solidarité de Peuples Solidaires participe au financement de ce fonds. Plus d’information sur ce fonds sont disponibles sur le blog de solidarité pour Charles Hector http://indefenceofcharleshector.blogspot.com/

En Malaisie, un fournisseur d’Hitachi, plus grosse entreprise japonaise d’électronique, poursuit Charles Hector, avocat et défenseur des droits humains, pour diffamation. Ce dernier a dénoncé sur son blog les mauvaises conditions de travail et les menaces d’expulsion formulées à l’encontre de 31 travailleurs migrants birmans travaillant au sein de l’entreprise Asahi Kosei. Peuples Solidaires, le Collectif Ethique sur l’étiquette, la Clean Clothes Campaign et le réseau GoodElectronics lançent une campagne internationale à l’encontre d’Hitachi. Exigez de la marque qu’elle use de son influence auprès de son fournisseur, Asahi Kosei, afin qu’il retire sa plainte contre Charles Hector et que ce dernier puisse poursuivre son combat pour l’amélioration des conditions de travail des travailleurs-euses migrant-e-s.